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  Une quEte en images  
     
 

Les clichés ramenés de Birmanie par le «photographe-voyageur» Jean-Marc Payot témoignent de sa recherche spirituelle.

«Hier au téléphone, j'ai dit une ou deux choses désagréables à mon interlocuteur. J'ai eu un petit dérapage que je n'aime pas.» Ce n'est pas encore la Sagesse avec un grand S, mais Jean-Marc Payot y travaille. Voici vingt ans, il quitte la tête de la librairie qui porte le nom de sa famille pour suivre sa propre voie, ou plus exactement sa voix intérieure.

Depuis, il parcourt l'Orient en «photographe-voyageur», dans une quête moins artistique que spirituelle. «Le regard que je pose sur ceux que je photographie est un regard d'homme, tout simplement.»

De la Birmanie, décor de son nouveau livre, il donne une image apaisée où l'on chercherait en vain une trace du «régime paranoïaque» qui la broie. Bien sûr que Jean-Marc Payot est sensible aux souffrances de ce peuple, mais son intérêt le porte ailleurs. Vers ce bouddhisme qui tient les Birmans debout et dont il se sent proche: «Comme je suis agnostique, je ne sais pas, donc c'est un gros point d'interrogation, mais ça me travaille et je cherche...»

Trésor de lumière

Par ses images, l'ancien éditeur cherche à transmettre une émotion, et, au-delà, un message. Sans trop d'illusions mais avec l'espoir de «quand même faire passer certaines choses». «On est dans une civilisation tellement matérialiste qui tue tout, il faut essayer de revenir à des valeurs différentes; c'est ça, le message.»

Son parcours de vie dit la profondeur de cette conviction. Même parmi les gens qui ont les moyens financiers de le faire - «Je suis très privilégié et je le sais» - combien quittent un chemin professionnel tout tracé? Et pour faire quoi? Jean-Marc Payot cite une phrase qu'il aime beaucoup: «La vie est un trésor qu'il faut chercher sans cesse, sinon ça ne vaut pas la peine de vivre.» Alors il faut savoir quel trésor on cherche. Moi, ce n'est pas un trésor matériel, c'est un trésor de lumière et de sérénité.»

Le choix d'une vie

D'une certaine manière, Jean-Marc Payot n'avait pas d'autre choix que de changer de vie. «La rentabilité, la compétition, les rapports de pouvoir, ça ne me plaît pas trop, c'est pour ça qu'à un moment je n'avais plus envie de participer à tout ça», confie cet homme tranquille, fumeur de pipe. «Si j'étais resté, j'aurais dû me battre, mais je n'avais sans doute pas toutes les qualifications ni les compétences pour gagner, parce que je suis un peu trop fragile. Il faut être dur, un dur à cuire.»

L'entreprise fondée par ses ancêtres se passe très bien de lui, sourit-il, «donc tout le monde est content». A commencer par le photographe-voyageur, qui mène tranquillement ce qu'il appelle sa deuxième partie de vie. «Surtout, je suis encore en vie. Si j'étais resté, je crois que je ne serais plus là, j'aurais eu un infarctus ou des problèmes de santé.»

En côtoyant des peuples à la spiritualité vive, Jean-Marc Payot a reçu quelques leçons de vie. Et rejoint Jean-Jacques Rousseau dans sa croyance que l'homme est naturellement bon. «Je pense qu'au fond de chacun de nous, il y a ce capital de bonté qu'il ne dépend que de nous de développer. Mais quand on est dans un bidonville à lutter pour sa survie, forcément on devient prédateur. Dans nos sociétés aussi, comme on n'a pas le temps de vraiment s'arrêter pour écouter l'autre, on est aussi un peu des prédateurs.» Devenir sage ou prédateur, il faut choisir.

Manuela Giroud - Le Nouvelliste, 5 avril 2008

 
     
     
   
     
 

 
 
     
  PHOTOGRAPHIES
     
  PREFACE
    GILLES MORA
 
REVUE DE PRESSE
     
  LA BIRMANIE SE DEVOILE
    AU FIL DU FLEUVE
    FRANCOISE NYDEGGER
     
  DES IMAGES COMME DES OFFRANDES
    FRANCOISE JAUNIN
     
  L'AUTRE VISAGE,
    SEREIN, DE LA BIRMANIE
    ANNICK MONOD
     
  UNE QUETE EN IMAGES
    MANUELA GIROUD
     
  L'AME BIRMANE
    RADIO SUISSE ROMANDE
     
 
 
© Jean-Marc Payot