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Photographe et voyageur, le Vaudois Jean-Marc Payot publie son troisième livre en 20 ans de pérégrinations tranquilles. Et mystique.
«Etre Birman, c'est être bouddhiste.» Le dicton voit juste, assure Jean-Marc Payot. Humaniste amoureux de l'Asie, le photographe-voyageur vaudois publie son troisième livre en 20 ans de pérégrinations tranquilles et mystiques. Intitulé tout simplement «En Birmanie», ce recueil de photographies en noir et blanc remonte le cours du fleuve Irrawaddy, qui coule de l'Himalaya à la mer d'Andaman. De villages sommeillants en Bouddhas millénaires, Payot éclaire l'autre visage, souriant et infiniment serein, d'un pays opprimé. Des textes d'Elisabeth Foch lui font écho.
L'Orient, raconte Jean-Marc Payot, est pour lui un appel qui remonte à l'enfance. «Dans la bibliothèque de mes grands-parents, je rêvais sur les images des temples hindous de Bhubaneswar et les photographies de Bayon au Cambodge.» A 23 ans, il est l'assistant du cinéaste Henry Brandt sur le film «Voyage chez les vivants»: premier voyage en Inde, qu'il découvre «avec stupeur et ferveur», selon la formule de Charles-Henri Favrod, fondateur du Musée de l'Elysée. Deux ans plus tard, le jeune licencié en droit prend la tête de l'empire familial des librairies Payot à Lausanne. Il officie comme directeur et administrateur deux décennies durant, ayant de se retirer, en 1987, et devenir «photographe-voyageur».
Pèlerin de l'Orient, Jean-Marc Payot parcourt l’Inde, le Cambodge, le Laos et la Birmanie dans une quête spirituelle qui le mènera de l'hindouisme au bouddhisme. En Asie du Sud-Est, il constate «à quel point le bouddhisme a façonné ces pays et imprègne le comportement de leurs habitants». La profondeur de cette ferveur spirituelle, dit-il, explique «pourquoi les Birmans restent sereins, face aux très dures réalités politiques et sociales qu'ils affrontent». Ses photos, écrit Gilles Mora en préface, «sont un hommage à la résistance du peuple birman face aux épreuves qui lui sont imposées».
Des gris de graveur
Réalisés uniquement sur films argentiques - et notamment avec un Leica M6 - les clichés de Jean- Marc Pavot sont aux antipodes de la mitraille touristique: il en émane un calme, une lenteur, une forme de parcimonie qui laisse la place au souffle du lieu et des gens. Chez les habitants de rencontre, il croque de très beaux regards. Et lorsqu'il capte la pénombre rayonnante de pagodes millénaires, à demi ensevelies sous les arbres, son objectif sculpte les gris avec une finesse de graveur.
Annick Monod - La Liberté, 5 avril 2008 |
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